Storyboard aux miroirs


Comme vous le savez sans doute, je travaille sur un nouveau projet de court métrage (voir ici, ou encore ).

Cette fois, je ne suis pas seul, mais aux côtés d’un partenaire cinéaste.
Le travail à deux est sans doute plus long, mais il permet d’aller beaucoup plus loin en déminant les fausses bonnes idées, les clichés, les erreurs, et bien sûr en approfondissant le fond (le thème, l’enjeu) et la forme cinématographique. De plus, cette collaboration apporte une énergie déterminante pour ce type de projet au long cours.

De fait, après une interruption d’un an, nous avons retravaillé ces derniers mois sur les détails de pré-production, ce qui nous a permis d’une part d’achever le scénario, de mener des repérages et de converger vers un storyboard opérationnel.

Le but du storyboard (que j’avais pu évoquer ici) est essentiellement de donner forme à notre vision, pour la confronter, la conforter, déterminer ce qui est important dans chaque plan et vérifier les enchainements tout au long de la séquence. De plus, cet outil offrira un merveilleux “pense-bête”, lors du tournage.

Exemple de planche opérationnelle (production), qui intègre l’action, la technique, le son et l’image

Ce que je expose ci-dessous, à votre attention, n’est PAS un storyboard de production, mais plutôt une synthèse qui permet d’imaginer le film dans sa continuité et, en l’occurrence, son intégralité. Comme il s’agit d’un court métrage, qui durera 3 à 4 minutes, cela reste tout à fait assimilable.

Il convient de noter que ce film relève d’une ambition plus importante que mes précédents projets, tout en s’inscrivant dans leur continuité : focus sur le travail de l’acteur (et confiance en ses capacités), presque aucun texte, mais un dialogue via les regards, au sein d’une relation triangulaire.

Ici, en une phrase : nous revisitons le thème de Diogène.

Plan 1 : la flaque

Plan 2 : le pantalon arrosé

Plan 3 : un regard perçant

Plan 4 : une rencontre impromptue

Plan 5 : le père s’énerve et se laisse aller à la violence

 Plan 6 : un regard de type “miroir vide” (sans jugement)

Plan 7 : se sentir pris en flagrant délit

Plan 8 : l’enfant étonné

Plan 9 : relation triangulaire et prise de conscience

Plan 10 : lâcher-prise

Plan 11 : regard plein et calme, de l’un à l’autre

Plan 12 : le regard, support de la relation triangulaire

Plan 13 : yeux tentacules

Plan 14 : l’ancrage

Plan 15 : instant suspendu

Plan 16 : fin d’un cycle accompli – place à la suite

Plan 17 : retour à la flaque –> OPTIONNEL

Plan 18 : ombres & lumières – regard au loin – “ôte toi de mon soleil”

Plan 19 : interloqué

Plan 20 : l’enfant comprend et se tourne

Plan 21 : le père suit le mouvement

Plan 22 : l’instant présent

Et voilà !

Un moment court, mais que nous espérons intense. Je suis personnellement convaincu qu’avec un travail suffisamment important sur les interactions et en particulier sur les regards, nous toucherions à une très belle chose : une petite œuvre d’art.

V.

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