Je partage ce jour la maquette d’une nouvelle chanson, qui n’est pas exactement une composition originale, mais qui n’est pas non plus une reprise. En réalité, elle s’inspire directement d’un simple riff, joué par Kurt Cobain, entendu en quelques secondes, au détour d’un documentaire réalisé par Nirvana. : LIVE TONIGHT SOLD OUT et visible au lien suivant, à 08’11 : https://archive.org/details/NirvanaLiveTonightSoldOutDVD/VTS_01_1.VOB

A ma connaissance, ce riff n’a jamais été transformé en titre entier (les membres vivants de Nirvana pourrait éventuellement indiquer le contraire) et c’est fort dommage, car ce passage de guitare est excellent et tout à fait prometteur : simple, efficace, avec juste ce qu’il faut de dissonances.
J’admets bien volontiers qu’il m’a saisi, dans ma prime jeunesse (à 13-14 ans), et je me rappelle encore de cette impression : du pur Nirvana !
C’est ainsi que je me suis amusé à jouer autour et à imaginer ce qu’il aurait pu devenir, s’il s’était développé en un refrain, comment une voix aurait pu s’y poser, une basse et une batterie venir l’épaissir – tout cela aussi simplement que possible – et même, quel aurait pu être le solo de guitare ? (et pourtant, je ne suis pas un guitariste à solo, affirmation qui ne manque pas de sel, si on considère ma manière générale de produire des chansons, en autonomie)… Tout cela était donc réalisé dans une sorte de projection “Nirvanesque” (c’est à dire comme un exercice de style), mais cela reste de toute évidence également personnel !
J’ai d’ailleurs récemment écrit un billet, en rebondissant sur l’idée d’Austin Kleon : “voler, mais en artiste“… et c’est donc ainsi que cette chanson un peu étrange est venue au monde.
A nouveau, je n’essaye pas de masquer l’origine de ce riff, bien au contraire : je l’ai justement enregistré au plus proche de l’original, à la manière d’un hommage.
Je comprends évidemment que cela s’inscrit totalement en faux avec les us et coutumes des sacro-saints droits d’auteurs… Cela pourrait bien finir en procès de la part des membres de Nirvana ou des ayants droits de Cobain – nous verrons bien.
De toute façon, comme on dit, la mauvaise pub, cela reste de la pub !

Une fois encore, il s’agit d’un hommage, un tribut comme disent les anglo-saxons, à leur travail à fois brut, vibrant, énergétique et émotionnel. Je crois d’ailleurs que cela pourrait raisonner avec pas mal de monde (exemples : Kurt Cobain – Live Tonight Sold Out: home video riff – cover ou Toco el RIFF de Guitarra de “Live Tonight Sold Out” de Nirvana) et peut-être même les jeunes gens, tout du moins si l’on en juge par le nombre d’ados en Tshirts NIRVANA que l’on croise ces derniers temps (quoique cela soit peut-être de l’ordre du malentendu, mais au bénéfice du doute…)

Pour revenir à cette chanson, je dois avouer ne pas être tout à fait sûr, en réalité, du pont et du dernier refrain… J’aime cette dissonance musicale que le pont apporte, mais on passe tout de même dans un autre registre… En tout cas, il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles je publie cette maquette, de manière à récolter quelques impressions (les commentaires sont là pour ça).
Du reste, les paroles elles-mêmes ne sont PAS dans le style de Cobain. J’ai certes tâché de me libérer de mes structures poétiques habituelles (notamment les rimes), mais le thème est malgré tout parti sur un terrain politique – ce que n’aurait probablement pas fait Nirvana (bien que Novoselic ait été un porte parole intéressant, au moins avant le succès médiatique et la focalisation sur Cobain…)
La raison de ce glissement (en dépit de mon plein gré) est qu’il s’agit d’un double hommage : non seulement envers l’équipe Nirvana, mais aussi à l’attention d’un homme appelé Orekhov.
Viktor Alexeievitch Orekhov était capitaine au sein du KGB, en URSS.

A la fin des années 70, il a pour mission de viser un ensemble de documents interdits (dont le monumental Archipel du Goulag, de Soljenitsyne), qui achèvent de lui ouvrir les yeux sur l’une des réalités du régime.

Il prend alors le risque d’aider les dissidents, en les informant avant les descentes de police.
Cela dure à peu près 2 ans, jusqu’à ce qu’il soit démasqué (à la suite d’imprudences de certains de ces dissidents) puis arrêté et envoyé en colonie pénitentiaire.
Au bout de 8 ans, il est (bizarrement) libéré – c’était la Perestroïka. Quelques années après la chute de l’URSS, alors qu’il a pris une activité militante, un piège lui est tendu (classique dans la Russie des années 90) et il retourne en prison pour 3 ans. De nouveau libéré, il apprend qu’il est “sous contrat” (les services ne pardonnent pas la traitrise) et il doit donc fuir aux Etats-Unis. Là bas, d’après ce que j’en sais, il doit (ou a dû) bouger régulièrement, et survivre de petits boulots malgré son âge (s’il est toujours vivant, il aurait 80 ans).

Orekhov, en 2010
Il existe un documentaire tout à fait intéressant à son propos, réalisé par le français Nicolas Jallot : O Dissidente da KGB – Viktor Orekhov (2010) (en anglais, mais les sous titres générés automatiquement fonctionnent bien, pour une fois)
Son histoire n’est pas sans ressemblance avec celle du magnifique film “La Vie des Autres” (das Leben der Anderen, F. H von Donnersmarck, 2006), dans lequel un agent de la Stasi finit par protéger des dissidents, à leur insu, puis à payer un lourd tribut au système.
C’est ainsi que j’ai ressenti comme un besoin de rendre aussi hommage à cet homme, pour ses actions.
Qu’en pensez-vous ?
PS :
Pour les russophones (ou amateurs de deepl.com) : https://www.svoboda.org/a/krepkiy-orehov-kapitan-kgb-vozzhazhdavshiy-pravdy-/31967573.html

4 responses to “Hommage à Cobain, Nirvana & un certain Orekhov”
Très bien, belle voix et son.
Ravi de lire que cela ait plut et merci pour l’encouragement ! (c’est important, voire essentiel)
Oui, le petit son “crunch” de la guitare d’intro est sympathique (bravo encore, Mr Cobain)… et non sans contraste avec la saturation plus franche et compressée du refrain, ce qui offre une bonne dynamique générale.
Quant à la voix, il commence à y avoir quelque chose (heureux d’apprendre que la direction fonctionne) ; je continue à chercher.
Au plaisir de continuer à échanger (c’est un peu le but de ce blog 😉
Belle énergique ! J’ai envie de dire “Come as you are” pour l’élan d’amour de jeunesse !
https://youtu.be/MnNHJWbMNDg?si=D_tCMRj_FV_oeUzf
Merci Mathieu !
Oui, en effet, il y a un vrai élan dans “Come as you are”… D’après ce que j’ai cru comprendre, les membres de Nirvana s’attendaient à ce que ce soit cette chanson qui remporte le morceau…
La version reprise que tu partages est très intéressante : une résonance de par le monde, chacun(e) à sa manière ! C’est vraiment la magie de cette toile mondiale et de la musique qui permettent cette expression !
Merci beaucoup !