As you might remember, I wrote petit billet sur le film “JOKER”, réalisé par Todd Phillips, lequel film m’avait semblé très réussi et m’avait même touché (alors que les Marvels ne sont pas tellement mon univers, mais ce film est très différent), j’étais naturellement intéressé à découvrir le second opus.
Bon, de manière très synthétique, la continuité est évidente : même style (aux numéros musicaux près), mêmes ambiances (toujours aussi glauques), même acteur principal, une bonne voire très bonne qualité de jeu… tout cela au sein d’un tout qui respire une certaine liberté créative.



Concernant l’action, en revanche, elle est quasi-nulle, au moins pour sa partie la plus visible.
Oui, il y a bien quelques poussées d’adrénaline, des flammes et tout et tout, ainsi que (au bout d’un certain temps), l’apparition du personnage du Joker, mais pour le reste, cela reste plutôt du ressort du drame intérieur, voire de la tragédie… ce qui ne me déplait pas en soi.
Actually, the musicals provide the necessary breathing, but we'll come to this question later on.
Globally, most of the movie takes place inside the prison or at the tribunal. The director has taken a side, and it was courageous… as well as risky !




Comme le montrent les captures ci-dessus, la palette de couleur est évidente : une dominante bleu cyan, avec des touches orangées. Pour le reste, c’est neutre et sombre, et même très sombre.
All of this is obviously totally chosen and "perfected" (so to say), from beginning to end.
Du jeu d’acteurs
Joaquin Phoenix work was excellent.
A vrai dire, il l’est généralement (à l’exception notable de Napoléon, but his Joker composition seemed (to me) to be one of his finest. For the second movie, he's up to the level of the part once again.
Concernant Lady Gaga, bon, nous y reviendrons car il s’agit d’une question importante, laquelle mérite d’abord d’évoquer les “seconds-rôles”.
Indeed the second roles are fine and most notably the guardian, Brendan Gleeson, who did a fantastic job.


Harry Lawtey est très juste et précis, dans son rôle d’un procureur de type “petit péteux”, absolument détestable :


L’avocate à la défense, interprétée par Catherine Keener, l’ancien collègue souffrant de nanisme (Leigh Gill) ou encore le juge sont eux aussi très soignés.


All in all, it looks like a very well chosen distribution, with good acting direction.
Revenons donc au cas Stefani Joanne Angelina Germanotta, dite “Lady Gaga”, qui interprète ici Harley Lee Quinzel.


Il est évident qu’elle sait “donner la réplique” et qu’elle le fait bien : droitement, dans la tradition américaine. Il est tout à fait clair qu’elle bénéficie d’une expérience préalable d’actrice de cinéma et franchement, c’est correct : elle offre une prestation très honnête et même, parfois, de qualité.


But I'm sorry to write it : she's not at Phoenix’s level.
Or, comme le double personnage Arthur Fleck / Joker n’a pas tellement de développement dans ce film, tous les enjeux se concentrent en fait sur ce nouvel alter ego féminin du Joker (du reste, à ma connaissance, le personne dit de “l’arlequin” est une force motrice déterminante dans les séries Marvel). Ainsi donc, en partant de l’hypothèse (effectivement accomplie) que Phoenix parviendrait à garder les enchères à un niveau élevé, le rôle de Quinzel était pivot.
Pour le coup, ça ne fonctionne pas et c’est bien dommage, car le rôle était tout à fait intéressant et même psychologiquement assez complexe, mais il aurait dû être approfondi et mieux vibrer.
About the musical question
Pour ce qui concerne la bande son, signée Hildur Guðnadóttir, elle fonctionne très bien… A noter qu’elle s’approche très fortement de l’ambiance (flippante) de Tchernobyl :
Evoquons surtout la question des chansons : il s’agissait en effet d’un choix très inattendu d’introduire un style “comédie musicale à la Broadway” dans un tel film. Un risque et un parti prix très courageux.

De fait, avec la première chanson, les choses viennent progressivement et cela fonctionne très bien : Arthur Fleck regarde la télévision, avec ses co-détenus. Alors qu’on évoque sa possible condamnation et la sentence associée, il est rempli d’une immense solitude. Il se surprend lui-même à fredonner (à l’image de son rire compulsif dans les moments de grande tension) et même à chanter, comme pour lui-même. Tout le monde, ou presque, le rejoint… comme dans un rêve.
Honnêtement, très bonne idée, très bien amenée – excellente séquence ! (jusqu’aux retour à la réalité). Voici un extrait du passage en question :
Cela m’a rappelé, d’une certaine manière, quelques scènes du film “Dance in the dark”, de Lars von Trier, et notamment la séquence de l’atelier de construction métallique : alors que les machines et les outils génèrent un rythme original, le personnage principal (interprété par Bjork, qui signait aussi la bande son) va ouvrir son monde intérieur et sublimer la réalité. Voici l’extrait en question :
Dans “Joker – Folie à deux”, les passages de “comédie musicale” vont rapidement tomber dans un schéma très classique, effectivement très proche de Broadway, avec de merveilleux décors (notamment lors de la séquence sur le toit), mais pas très “organique” et malheureusement vidé d’enjeux dramatiques réels. On remplit visuellement, mais pour le reste, il y a là un manque d’imagination flagrant… et c’est ainsi que ces parties “musicales” deviennent plutôt ennuyeuses.




Honnêtement, si on le compare à d’autres “comédies musicales”, comme West Side Story, par exemple, le fossé qui les sépare semble énorme. Voici, à titre d’illustration, la séquence du parking. Pour rappel – d’autant que cet extrait n’intègre par l’introduction de la séquence (qui est pourtant très… cool !) – cette scène fait directement suite à une baston, dans laquelle l’un des membres du gang des “Jets” est tué par le leader du gang adverse des porto-ricains. Dans un élan de vengeance, leur propre leader tue à son tour le meurtrier (thème tiré de Roméo et Juliette, avec Mercutio, Tibald et Roméo) et disparu. Tout le reste de la bande a alors quitté les lieux précipitamment :
Now, we're talking real drama, don't we ?
Conclusions
En parlant de conclusion, mentionnons justement la fin du film “Folie à deux”, que je ne révèlerai certes pas, d’autant qu’elle s’avère tout à fait inattendue.
In its own way, it is original.
En réalité, elle ressemble à un immense doigt d’honneur à tous les fans de la franchise Marvel, et démontre ainsi une réelle licence créative.
D’un certain point de vue, pourquoi pas ?
Globalement, ce film est de qualité. La technique, les ambiances et le jeu d’acteur sont parfaitement représentatifs de ce que Hollywood sait faire, mais il manque tout de même cette folie (et la psychose partagée) promise par le titre ! En d’autres termes, ce film et correct, mais clairement pas au niveau du premier…
De fait, l’introduction de l’alter-ego féminin était une idée maitresse, mais cela n’a pas dépassé le niveau du “correct” et n’a donc pas réussi à transformer l’essai. Je crains que, pour cela, il aurait fallu une autre actrice (par exemple quelqu’un de la trempe de Robbie… la joliesse en moins)
All in all, this is entertaining… but is it what we really need : entertainment ?


V.