A bi-annual event for the actor in Marseille


Late !
Me voilà en retard dans la publication de cette semaine, le billet initialement prévu et traitant de la production d’une chanson n’étant pas prêt… Et pour cause : j’ai pu participer à la Bi-annual event for actorsorganized in Marseille by the group "The prompt" ( La Réplique ) and hosted in the performance Hall "La Criée", in Marseille.

I've decided to share early impressions and ideas about this event, where quite a few fellow actors of my area (and beyond) gathered, together with scholars, to discuss the question of the scenic presence.
Well, at least, it was the official theme. But we'll get to it later…

It's worth noting that this group of actors, established some 40 years ago, has an aim : uniting stage theater artists, make them know one another, stimulating training courses for professionals… 
This specific event was a way to get out of the daily issues of the work and allow everyone to think a little bit about the craft.

It's very positive to see people giving their time and energy in a collective effort. It's particularly cool to witness it, as the profession is, by essence (since there aren't much long standing theater companies anymore), quite individualistic.
As far as I'm concerned, I wasn't in this group until now, but merely gravitated around it - and these few days convinced me to go further (even if it appeared quite clearly that there are a lot of arguable questions about the theater world, which should be discussed with a good glass of wine, in order no to take it too seriously nor personally).

Let's talk about the theme of this event : the scenic presence of the actor / actress.
As one participant rightly told : there would be as many definitions of this phenomenon as there are scenic artists. Therefore, there is something evanescent about it (which is somewhat paradoxal, isn't it ?). But it happened to be really funny, hearing theoretical conferences exposing complex views about everything but the theme of the conference ! 
I feel that those abstractions from scholars and other "thinkers" don't help the Theater world as a whole, because it adds to its already too elitist feel. It actually gets up to a point where it becomes an unintelligible gibberish. And the audience (mainly composed of actors) understood it all too well, but was maybe a little too polite…

Pour être honnête, cet effet secondaire indésirable n’est pas l’apanage de cette rencontre, puisque le livre “Bruler les planches, crever l’écran“, reflétant un colloque de 2001 également consacré à la présence, n’échappait pas non plus à cette limite. 
Très hétérogène (comme la plupart des publications collectives), il regroupe certains articles intéressants et d’autres totalement incompréhensibles (et je leur ai pourtant donné leur chance plusieurs fois).

De manière générale, cette observation est comme un symptôme : avec un discours presque digne de l’art contemporain (dans lequel le texte et le vedettariat font bien souvent l’œuvre, voir à ce propos le film “The Kill Room“), le théâtre perd son ancrage populaire (pour peu qu’il l’aie jamais eu). 
En tout cas, même la France des professions dites intellectuelles ne s’y retrouve plus et d’ailleurs ne s’y rend plus (sauf pour le théâtre de divertissement qui trouve encore grâce…) 
Who goes to the Theater nowadays ? Old people with subscriptions and theater students. I've got nothing against both of them, but let's recognize that elderly people cannot by essence incarnate the future, and that younger people should be spoiled with such pedantic and abstruse discourses..

A vrai dire, la profession en a conscience.  Elle sent bien qu’elle est un peu hors-sol et plus grand monde ne se satisfait désormais de l’idée d’exception (qui régnait en maitre jusqu’aux années 2010-2020 et permettait encore de se positionner en pauvres victimes incomprises). Les actrices et acteurs semblent percevoir que l’avenir leur réserve bien des dangers : 

  • The public doesn't go anymore to the shows and the stage halls are surviving only thanks to incentives 
  • The French government is openly hostile (and that's not new) to independent creations, and wish to fund only a couple of institutions (National scenes, Operas, a bunch of drama schools), because it would suffice to communicate
  • La question écologique (bizarrement abordée dans cette biennale) met en évidence que le théâtre actuel est polluant et consommateur de ressources dans son essence (énergétiques, équipements, finances). Seule sa négation semble pouvoir résoudre cette question (nous y reviendrons dans un autre billet), comme une sorte de suicide collectif…  A mon sens, il faudrait développer une véritable pensée parallèle, hors du système, c’est à dire un changement de paradigme, pour traiter la question.

Le problème est qu’avec les mêmes recettes, on fait la même chose… et qu’il est pratiquement impossible de changer quand on est prisonnier d’un système. Bref, il y a là une impasse.

Another interesting question was discussed : the education of actors. 
En effet, plusieurs ateliers pratiques ont eu lieu. C’était tout à fait bienvenue. D’ailleurs, comme le disait l’un des intervenants, tout laisse à penser que la formation initiale pour les artistes est inadéquate, mais que la formation continue est de bon niveau. 
According to the same person, there are a few reasons explaining this :

  1. Sauf dans le cas d’une poignée de conservatoires, il n’y a pas réellement de pédagogues de l’art dramatique. Ce sont plutôt des metteurs en scène qui enseignent leur esthétique et leur pratique, dans le cadre d’un projet de spectacle, ou des artistes praticiens qui arrondissent leur fin de mois. Et cela se comprend : choisir une voie de pédagogue à plein temps représenterait une sorte de sortie de carrière. 
  2. On enseigne aux artistes de demain le théâtre d’hier (voire d’avant-hier). Toujours selon cet intervenant, le théâtre tel que nous le connaissons n’en aurait pas pour plus de 10 ans (sauf, bien sûr, dans les lieux sous perfusion : légumes maintenus en vie malgré tout). Il va un peu loin, mais enfin il y a sans doute du vrai là-dedans.

Revenons sur la question de la pédagogie : ce n’est pas parce qu’on donne des cours, ou qu’on anime des sessions de formation, que l’on est pédagogue.
Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de nos cours de collège / lycée (voire d’université). Les professeurs / chargés de cours sont certes calés dans leur discipline, mais il leur manque les techniques pédagogiques les plus élémentaires – et pour cause, ils n’y sont pas formés (même pas au long cours)…

Prenons un exemple concret et appliqué à la scène : j’assistais à un atelier sur le théâtre d’objet, précédé d’une discussion théorique. Honnêtement, cela m’a enthousiasmé et il était clair que l’animatrice était, justement, “animée” par son sujet. 
Seulement, lors de l’atelier (évidemment trop court), il s’agissait plus d’expériences que de pédagogie, où l’on demande aux acteurs de se jeter à l’eau sans leur expliquer les règles du jeu. D’échecs en erreur, le comédien doit donc déduire progressivement ce qu’il ne faut pas faire, plutôt qu’une approche construite positivement. Pour des artistes, qui prônent l’écoute de la sensibilité (et qui sont réellement sensibles), quel manque de tact ! Un exercice ne prend toute sa valeur que si l’objectif pédagogique est clarifié en amont. Sinon, ce n’est qu’une expérience, qui confine à la manipulation (mot pourtant honnis dans le milieu).

There's really something rotten, in Hamlet's world.

Tout cela étant écrit, tout cela reste nécessaire, ne serait-ce que comme prise de conscience et pour mettre en évidence les évolutions profondes, qui devront advenir si l’on ne veut pas que cet art théâtral ne devienne musée, comme une langue morte.

Je n’ai pas la réponse, loin de là, et je crois justement que c’est en se rassemblant avec toutes nos idées personnelles sur ces questions que cela peut évoluer : bottom-up, comme on dit – de la base vers le haut (et non pas le contraire).

C’est pourquoi ces évènements et les collectifs qui les portent sont plus nécessaires que jamais, indispensables même. 
C’est aussi pourquoi il me faut moi-même sortir du confort (relatif) de mon studio et de mon clavier, pour m’engager à leur côté et participer humblement à susciter ces questionnements. 

Therefore, thanks again to the group "The prompt" ( La Réplique) and… to be followed...

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2 responses to “Biennale de l’acteur”

  1. Hello Volkan,
    Je suis Rachel et travaille à La Réplique, notamment pour l’organisation de cette biennale. Je pense qu’on s’est croisé·e·s sur les trois jours, et sinon, enchantée !

    Merci pour ton retour critique sur cet évènement, je suis tombée dessus par hasard via linkedin.

    On prend évidemment toutes les critiques, positives comme négatives, pour s’améliorer d’année en année 🙂
    En 2021 avait eu lieu la première biennale qui à l’époque s’appelait “Université d’été de La Réplique”, et comme son nom l’indiquait, elle revêtait un aspect plus universitaire : tables rondes et projections menées ou décryptées par des universitaires et autres “sachants”.
    A partir de cette année, on a commencé à s’éloigner de ce format “enseignants/ élèves” pour donner la parole à des intervenant·e·s plus diversifiés, qui proposaient des formats d’interventions aussi divers (ateliers, discussions, tables rondes, performances etc…).
    La route vers le modèle de biennale parfait sera sans doute longue, mais c’est pourquoi on prend tous les retours à fin utiles pour s’améliorer pour les prochaines éditions 😉

    N’hésite pas, d’ailleurs, à faire tes retours précis via ce formulaire : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSew5TOZqQeocw1aIrLOHDQff8f7vAwQWcw8zTF0u4HPczCllw/viewform

    Au plaisir !
    Rachel

    • Merci Rachel, pour avoir pris le temps de ce message, que je publie évidemment…

      La perfection ? Pour qui et pour quoi ?
      Heureusement, ce monde est encore subjectif. Et, d’ailleurs, je suis vraiment heureux d’avoir pu participer en tant que public à cet évènement. Continuez, c’est une dynamique formidable !

      A bientôt aux petits dej de la Réplique ?

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