Le(s) déclic(s) du storyboard


Dans ce billet, je valorise l’expérience toute récente – en cours, pourrait-on dire – de développement d’un court métrage, déjà évoqué.

Ainsi, après avoir :

  1. travaillé sur le noyau du projet (son cœur : objectifs de fond et ses antennes modales, c’est à dire ce que l’on souhaite évoquer et la question du style) : https://volkanartz.chauss.in/court-metrage-en-developpement-lautre-miroir/
  2. achevé le scénario
  3. Et démarré le processus de repérage des futurs lieux de tournage : https://volkanartz.chauss.in/court-metrage-aux-miroirs-reperages/,

A ce stade, on avance sur les aspects pratiques du tournage et on peut s’attacher aux détails. Mais on se retrouve rapidement confronté à la difficulté de visualiser la dynamique du film d’un plan à l’autre… Naturellement, cela est d’autant plus net lorsqu’on travaille en équipe, puisqu’il s’agit alors de communiquer aux autres ses intuitions et d’élaborer finalement une vision commune.

Il devient désormais possible, et même nécessaire, de transformer l’écriture, ces intentions et recherches en un nouvel outil de travail, qui cristallise à la fois les images, le son, l’action et l’intention sous la forme d’un storyboard.

Tenants et aboutissants du storyboard

Ce terme anglo-saxon s’intéresse traditionnellement à une mise en images, par le dessin, de chaque plan (chaque petit section de film), pour visualiser l’enchainement de ces plans en séquence et déterminer les “valeurs de plans” :

De fait, les valeurs de plan disent déjà beaucoup : on y parle

  • des niveaux de détails : figures dans un paysage ou bien larme au coin de l’œil ? (pour prendre des exemples extrêmes)
  • et surtout de focalisation : quel est l’élément signifiant à ce moment là ? Où mène-t-on l’attention du spectateur ?

En substance, il s’agit donc de la mise en scène visuelle du scénario.

Bel exemple artistique de storyboard, pour Autant en emporte le vent

Mais, selon nous, le storyboard peut s’avérer beaucoup plus riche que les images seules.

Application au projet du court métrage “aux miroirs”

Pour notre binôme, le story-board n’est pas seulement une succession de vignettes. Il permet certes d’assurer les fonctions traditionnelles :

  • valider qu’il ne manque aucun plan dans l’enchainement,
  • que la succession de ces plans est à la fois logique et dynamique,
  • ou encore d’assurer un rôle d’aide mémoire pour ne pas oublier pas de tourner un des plans projetés sur le plateau (ce qui peut arriver, compte tenu du rythme soutenu et d’un certain niveau de stress).

Mais cela va aussi beaucoup plus loin, comme aide à la conception. En effet, nous ne nous intéressons pas seulement à l’image et à sa valeur de plan, mais aussi :

  • Au rappel du scénario, bien évidemment, pour n’avoir qu’un document unique au moment du tournage ;
  • Au service de l’image : rappel des mouvement du sujet, ou anticipation des mouvements de la caméra ;
  • Au son et notamment au besoin éventuel d’une prise de son synchronisée avec la prise de vue ;
  • A la technique associable aux prises de vues : S’agira-t-il de prises de vues multi-caméras ? Quelles caractéristiques techniques utiliser (type de compression selon mouvement ou non de la caméra) ? Quel éclairage ? Tout cela sert d’une part à planifier et à placer les caméras autour de la scène, ce qui participe donc aux repérages, mais aussi de pense-bête une fois sur le plateau, quand il n’est plus guère temps de réfléchir à tout ça ;
  • A l’interprétation : là encore, cela servira, une fois en production, à se rappeler efficacement de la séquence dramatique et à diriger les acteurs.

A ce stade, il n’est donc ni nécessaire ni pertinent de réaliser un beau dessin (comme dans l’exemple ci-dessus, qui s’intéressait à l’atmosphère). Il s’agit plutôt de réaliser une esquisse, pour signifier l’essentiel. En effet, le processus gagne à être rapide, pour permettre une adaptation aisée, sur le vif, par exemple en session de travail.

Voici quelques exemples dans cet esprit, pour évoquer concrètement notre projet de court métrage :

Certaines pages peuvent rester concentrées sur l’essentiel (au moins temporairement) :

Conclusions

C’est ainsi une part importante de la pré-production qui se cristallise dans le storyboard, qui doit rester facile à éditer – vivant – de manière à préparer au mieux le tournage.

Il s’agit bien entendu d’un travail approfondi de fond et de forme. A titre d’ordre de grandeur,  pour ces 4 à 5 minutes de film, nous considérons une trentaine de plans. Le travail de pré-production actuel est donc significativement plus chronophage que le tournage lui-même, que nous prévoyons sur 2 demi-journées (moyennant au moins 3 sessions de répétition), avec 2 voire 3 caméras.

Bref, cela avance.
J’aurai prochainement le plaisir, une fois tout cela formellement validé, de vous donner à lire, voir et à imaginer le storyboard dans son ensemble.
A très bientôt !


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