Court métrage en développement : “L’AUTRE MIROIR”


Qu’il est agréable de mener les choses dans le bon ordre et en profondeur !
Trop souvent, nous sommes obnubilés par le résultat final, au point de griller les étapes et cela s’en ressent, tôt out tard…

Je souhaite ainsi partager avec vous, aujourd’hui, quelques impressions et réflexions, au sujet d’un projet de court métrage en développement et qui a récemment repris.

De l’intérêt de mener des projets en parallèle

Il est utile, sinon salvateur, de conduire plusieurs projets en parallèle, tout particulièrement dans le cadre de projets artistiques. En effet, il n’est pas rare que des barrières inopinées surgissent et stoppent la dynamique créative… C’est la vie !
Cela est accentué pour les projets personnels, sans client ni date butoir, puisque tout dépend essentiellement de soi. Or, les impulsions évoluent comme beaucoup d’autres choses en cycles.
Par ailleurs, même pour un projet qui arrive à son aboutissement (un spectacle, la diffusion d’un film, d’un titre musical, ou l’édition d’un livre…) les lendemains déchantent, sans pitié, avec l’effet dit “post partum”. Après toute l’énergie déployée, on se sent vidé. Il est donc réellement salvateur d’avoir un ou plusieurs projet(s) avec le(s)quel(s) enchaîner.

Dépression post partum : un syndrome qui semble étrange, mais qui est tout à fait réel

Voilà donc les raisons pour lesquelles je mène toujours au moins 3 projets en parallèle, voire d’avantage en tâches de fond (pour que le temps fasse son ouvrage, par exemple pour la maturation d’une chanson, d’un texte, etc.)

Le projet de film mentionné en introduction a lui-même subi un arrêt impromptu (18 mois environ), mais il est de nouveau sur les rails, avec le vent en poupe.

Un court métrage artistique

Il s’agit d’un projet très ambitieux à la fois en terme de production et dans son intention artistique. (Sera-t-il réussi ? Là est la question 😅)

J’admets bien volontiers que mes précédents courts métrages, pour la plupart visibles sur ce site, intégraient une dimension d’expérience à double titre : d’abord pour apprendre en pratique tout ce qui fait le cinéma, à commencer par le jeu d’acteur devant la caméra, mais aussi la photographie (prises de vues), la technique des prises de son, le montage, la colorimétrie, etc. Ensuite, ces petits formats relevaient aussi d’expériences formelles, en d’autres termes “d’exercices de styles”.

Cette fois-ci, nous parlons d’une sorte de “saut quantique”.

Un saut quantique : de l’énergie excite l’électron qui saute sur une orbitale supérieure (figure 2) avant de redescendre sur son orbitale d’origine en libérant un photon (figure 3)

D’abord, je ne travaille plus seul, mais avec mon ami cinéaste Luc (qui habite également Marseille). Ensuite, le film comportera 3 comédiens, dont un enfant (ce qui n’est pas le plus facile). Il sera tourné en extérieur, dans une ambiance “d’après la pluie”, ce qui n’est pas non plus gagné à Marseille ! 😁

Surtout, sur le fond, il comporte une dimension particulièrement ambitieuse, car nous souhaitons aller loin dans la résonance, tout en restant très fins et subtils dans l’expression cinématographique.

En substance, il évoquera une rencontre fortuite entre un père, son fils de 7 ans et un homme de la rue, c’est-à-dire un clochard. Cette rencontre se cristallisera essentiellement par les regards, dans une relation triangulaire, pleine, quoique brève – une sorte de vibration urbaine et humaine .
Les yeux dans les yeux – miroirs de l’âme – notre homme de la rue sera une sorte de Diogène moderne, un homme hors du commun, en pleine conscience. Cette rencontre soudaine offrira aux uns et aux autres une occasion de se reconnecter à soi, à son fils, à son père, à un souvenir, une projection anticipative, à son prochain / autrui.
Tout cela par le regard – c’est chaud !

Diogène, l’homme libre vivant dans son tonneau

Du reste, j’écrirai un billet spécial sur ce projet, une fois le script parfaitement achevé. Aujourd’hui, je souhaite essentiellement évoquer le processus créatif et la dynamique de la production.

Une création en étapes

Trop souvent, le développement d’un projet se trouve précipité par notre focalisation sur le produit fini. C’est ainsi qu’à peine a-t-on une idée qu’on voudrait déjà être au tournage, puis au montage, puis devant le film fini. En d’autres termes, nous avons souvent un (voire plusieurs) temps d’avance et nous prenons rarement le temps d’être au présent ou même de penser le projet.

Et pourtant, l’essentiel du film se joue en amont de la production : que veut-on vraiment dire ? Parmi toutes les idées, lesquelles sélectionner ? La cristallisation projetée est-elle la mieux à même de porter nos intentions fondamentales ?

L’essence du film gagne ainsi à être murie, pour filtrer et nous assurer que la dynamique des sons et des images résonne bel et bien. C’est ainsi que Luc et moi avons nécessité plusieurs mois et de nombreuses sessions de brainstorming, pour parvenir à un noyau dur, aux idées forces et aux axes cinématographiques définitifs.

A partir de là, on peut réfléchir :

  • À l’action, formalisée en un script/scénario ;
  • Au mouvement intérieur des rôles, c’est à dire à ce que vit chaque personnage, durant le parcours du film (même si cela n’apparaît pas à l’écran). C’est ce que nous appelons la “ligne du rôle”, laquelle peut éventuellement prendre la forme d’un monologue intérieur ;
  • Aux acteurs eux-mêmes : de quel style et de quel(s) talent(s) avons-nous besoin ?
  • Quelles sont les valeurs de plans de caméra, les sons (notamment hors champ) et les enchainements de plans ?

Nous en sommes à cette étape, laquelle se développe par un jeu de questions / réponses, dans la logique d’un “brainstorming” fécond.

Le script complet est pratiquement prêt. Il donnera naissance, prochainement, à un storyboard, lequel ne s’intéresse pas uniquement aux images, mais intègre aussi l’action, la direction d’acteur (notes d’intention), les sons, la technique et, finalement, ce que l’on voit.

Comme vous le comprenez, tout cela est donc assez long… mais quel plaisir lorsque deux personnes s’entendent artistiquement et savent rebondir sur les propositions mutuelles, pour aller plus loin que leur simple somme ! La synergie créatrice apporte une joie d’exception et porte en elle l’envie de continuer !

Restez avec nous pour des nouvelles…

V.


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