Il existe en France (et ailleurs) une stratégie de récupération des bons vieux symboles païens / chrétiens, amplifiés depuis au moins deux siècles par une logique anticléricale et matérialiste post révolutionnaire.
La question n’est pas de juger si cela est bien ou mal (nous pourrions parler du Grand Inquisiteur, un autre jour), mais simplement d’observer des faits et d’y réfléchir.
Ainsi, le solstice d’été, au 21 juin (plus ou moins 1 jour) marque le jour le plus long de l’année (dans l’hémisphère nord) et donc la fin d’un cycle : à partir de là, le jour baisse, mais l’été commence… On imagine aisément les rites ancestraux qui en résultaient.

Dès l’Antiquité, au solstice d’été, le peuple fêtait le solstice pour des raisons essentiellement agricoles (fécondité des cultures, etc.)

Les gens festoyaient, allumaient de grands feux de joie, s’amusaient à sauter par dessus ces brasiers, etc. En un mot, la fête un peu folle.


Or, pour mieux s’implanter parmi les populations, notamment rurales, l’Eglise (catholique, en l’occurrence) a transposé ces réjouissances en fête dite de la Saint Jean (Baptiste), fêtée le 24.
On notera que cette fête religieuse répondait à Noël (solstice d’hiver), également la fin d’un cycle et début du renouveau.

Evidemment, pour la France laïque, il fallait balayer tout cela… et quoi de mieux que de proposer, en lieu et place, une nouvelle fête populaire : la “fête de l’été” (en France, l’été commence précisément à cette date, ce qui n’est pas le cas partout dans le monde). Cela est ainsi la bonne occasion pour tenir une “fête de la musique”.
Imaginée par le musicien Joel Coen dès 1976 et finalement initiée en 1981 par le gouvernement de François Mitterrand, via André Henry (ministre du Temps Libre – il fallait l’imaginer) puis popularisée par le ministre de la culture de l’époque, Jack Lang, l’idée générale est de célébrer la musique, notamment avec la participation des mélomanes et musiciens amateurs.
Une bonne idée en soi (quoi qu’un brin populiste, mais bon). On parle ainsi de 18 000 concerts ce soir là, avec 1 million de musiciens et 10 millions de spectateurs (si on en croit la communication officielle). Ça n’est pas mal, quand même, pour un pays de 67 millions d’habitants !
Il y a de tout :
- Des concerts “portes ouvertes” des grands orchestres publics. Personnellement, le côté institutionnel ne m’intéresse pas tellement. En général, cela reste très guindé et finalement pas très accessible. Pour prendre l’exemple de grandes villes telles que Paris, il faut généralement réserver des places de concert, etc. Autrement dit, cela reste très élitiste, mais on ne se refait pas.
- D’un autre côté, il y a les bars, avec les scènes où les groupes d’amateurs se produisent, ce qui constitue généralement une formidable opportunité de jouer en public. Mais tout cela n’est pas très spontané pour autant et même un brin commercial (genre, la foire). Pour moi, c’est surtout la vie et une approche populaire qui est intéressante.
C’est pourquoi j’ai décidé de réaliser, de manière un peu impromptue, un petit concert dans la rue.
J’ai ainsi descendu une longue suite de rallonges électriques par la fenêtre, depuis le 6ème étage, de manière à alimenter un ampli combiné pour une guitare et une voix.


Une fois assis sur les marches conduisant au bâtiment dans lequel nous vivons, j’ai donc pu interpréter une bonne partie de mon répertoire (1h15 à 1h30), avec des titres instrumentaux d’abord (Babel #1 et #2), puis des chansons en français ou en anglais.


De mon point de vue, en tout cas, c’était fort sympathique, d’autant que nos voisins de pallier ont aimablement décalé leur sortie ciné, prévue le soir même, pour assister à cette soirée musicale improvisée. Bref, une bonne occasion de partager quelque chose, en toute simplicité et spontanéité.
Alors comme on dit, en France : faites de la musique, il en restera toujours quelque chose… 😀