Legends & references : Montgomery Clift


We all need legends and references, because they inspire us.

Naturellement, nous devons aussi nous rappeler que : lorsque la légende dépasse la réalité, on imprime la légende (l’homme qui tua Liberty Valance, John Ford) et que Hollywood est une machine à fabriquer des légendes (les “stars”) à tour de bras… 
Cela étant dit, il n’en reste pas moins vrai que l’industrie cinématographique, notamment américaine, a produit de nombreuses scènes extrêmement qualitatives, touchantes, avec de très beaux films et de merveilleux acteurs, tout au long des cent dernières années (et même un peu plus…)

De fait, j’ai passé plusieurs années à étudier de telles “légendes”. 
Par exemple, il m’est arrivé de me dire : “bon, après tout, qu’est ce que tout le monde trouve à ce fameux Marlon Brando ?” ; et c’est ainsi que j’ai vu à peu près toute sa filmographie (à l’exception de quelques films idiots des années 70-80, genre “Candy”). Et quid de James Dean ? ou encore d’autres acteurs ou réalisateurs : Dustin Hoffman, Meryl Streep, Stanley Kubrick, Francis Ford Coppola, Werner Herzog, Michael Tchekhov, Klaus Kinsky, Yul Brynner et autres acteurs russes , plus récemment l’étonnante Margot Robbie, etc. et références parmi les références : Montgomery Clift.

Does this name sound familiar ? Montgomery Clift.
Si ce n’est pas le cas, alors quelle chance : vous allez pouvoir le découvrir !

Pour ma part, je suis tombé sur son travail, au détour d’un article internet, qui le comparait (en bien) à Brando et Dean, avec un titre très accrocheur : better than Brando and more tragic than Dean
Tellement accrocheur, même, qu’il a été ré-utilisé pour d’autres billets : https://dangerousminds.net/comments/montgomery_clift_better_than_brando_more_tragic_than_james_dean

Et en effet, quel putain d’acteur !

Je n’écrirais pas tellement sur sa vie, car cela serait redondant avec ce que vous pourriez trouver, plus en détail, sur la toile. Et de fait, sa biographie offre pas mal d’informations sur sa manière de travailler et des pistes d’analyses de l’évolution de sa pratique au fil des ans. Pour en savoir plus, je peux vous recommander : 

  • A quite good (although a bit old) documentary :
  • An interesting written biography :

https://archive.org/details/montgomerycliftb0000bosw, ou https://www.goodreads.com/book/show/95674.Montgomery_Clift

Focalisons-nous donc plutôt sur son travail, par l’intermédiaire de quatre films auxquels il a participé (sachant qu’il n’y a presque aucune trace de son travail scénique, The Glass Menagerie (1951), or 13 years after, with the very same play, although quite different : Glass Menagerie 1964 ) :

  • Let's begin with a Hitchcock movie : I confess. I would like you to take at least a very brief look at a single scene, where the priest, played by Clift, hears a confession…
    Je n’ai pas pu trouver l’extrait de cette scène spécifique, mais vous pouvez directement vous placer à 3’45 (pour avoir un peu de contexte), jusqu’à 06’48, au lien suivant : https://archive.org/details/i-confess-1953-720p.
    Dans cette scène de révélation, Clift démontre la maitrise totale de son jeu… Qu’en dites-vous ?
  • A rather early film: A place in the Sun (1951). A ce moment-là, il était encore le beau jeune premier (du genre de ce que Hollywood cherche à mettre en avant), mais pas n’importe lequel, pas seulement une belle gueule, mais surtout un authentique comédien ! De fait, tout indique qu’il avait travaillé en profondeur sur ce film et cela se voit.
    Le film lui-même est un peu daté, mais il reste très bon : il parle du rêve américain et des tragédies personnelles, qui l’accompagnent.
    Dans ce film, donc, Clift développe une interprétation époustouflante, dans un style typique “actor’s studio” (justesse psychophysique à la Stanislavski, 2nde période) et, de fait, le spectateur rentre totalement dans sa psyché.
    Je vous laisse en juger par cet extrait, lequel “spoile” certes, en partie, le film, mais je reste convaincu qu’il sera toujours intéressant à voir en entier. De fait, une remise en contexte reste nécessaire : notre héro se trouve au milieu d’une double relation amoureuse, l’une d’entre elles étant mal embouchée : partie de nulle part et n’allant nulle part… Mais la jeune femme se retrouve enceinte, sans qu’ils parviennent à organiser un avortement. Elle lui demande donc le mariage (nous sommes dans les années 50), ce qui représente donc une charge mentale pour le jeune homme… d’autant qu’en parallèle, il est tombé follement amoureux d’une autre femme, qui a tout pour plaire : jeune et d’une beauté étonnante (Elisabeth Taylor, à 18 ans), riche, la joie incarnée et folle amoureuse de lui… Que demande le peuple ? Ainsi, lorsque l’ancienne amante, enceinte, le rattrape durant une de ses escapades, elle veut le force à l’épouser. Pris au piège, il s’y résout, mais la Mairie est fort opportunément fermée ce jour-là. Elle lui propose donc, en attendant, une balade dans les alentours. Se souvenant alors qu’elle ne sait pas nager, il lui propose un petit tour en barque sur le lac du coin, avec une terrible idée derrière la tête.
  • Another (even greater) example of his work can be seen in this extract from Judgment at Nuremberg (1961). A ce moment-là, Clif avait souffert de nombreuses blessures à la fois physiques et psychiques : il avait notamment été victime d’un très grave accident de voiture, qui l’avait défiguré et qui a provoqué sa mise sous antidouleurs. En ajoutant à cela son penchant prononcé pour la bouteille, il était déjà devenu une sorte d’ombre, au comportement erratique. Plus personne ne voulait l’assurer…
    En tout cas, il restait un interprète d’exception et avait malgré tout été intégré à ce film via ce rôle d’une douzaine de minutes (qu’il avait raccourci volontairement et qu’il joua gratuitement). Il incarne un pauvre hère, mutilé par les Nazis avant la seconde guerre mondiale. Il intervient au moment des grands procès, en l’occurrence celui des autorités médicales, lesquelles s’étaient gravement compromises avec les Nazis.
    Du reste, même au-delà de cette scène aussi émouvante qu’éprouvante, ce film est exceptionnel, à la fois en termes dramatiques et philisophiques. Au niveau des comédiens, le procureur – joué par Richard Widmarck – n’est malheureusement pas au niveau du reste de l’équipe, qui est formidable : Spencer Tracy, Judy Garland, Burt Lancaster et plus spécifiquement l’avocat de la défense, joué par l’excellent Maximilian Schell.
  • Enfin, j’aimerais vous proposer de jeter un œil à un 4ème film, appelé “The young lions“. Ce film date de 1958 et intègre à la fois Clift, Brando, Dean Martin et le fameux Maximilian Schell. 
    Apparemment, Clift considérait cette interprétation comme son meilleur travail à cette date et il est vrai qu’elle est absolument formidable. Du reste, le contraste avec les autres acteurs est assez net, tant il est naturel et juste (en sachant qu’il ne partage aucune scène avec Brando, puisque leurs personnages suivent des voies parallèles). 
    Il est assez difficile de trouver des séquences de ce film, car les droits ont apparemment été achetés par Disney. Cependant, j’ai finalement réussi à trouver un lien en HD.
    Je vous invite ainsi à un premier visionnage, avec la scène où l’on rencontre le personnage interprété par Clift : Noah Ackerman –> de 22’10 à 24’40 (et vous pourriez aussi bien continuer jusqu’à 36’30 – bien que la dernière scène soit un petit trop mélodramatique).
    Globalement, il s’agit d’une composition de rôle extrêmement fine et qui fait donc plaisir à ressentir :

https://my.mail.ru/mail/vm_gluschenko/video/102193/190541.html?related_deep=1

Si tout cela a attisé votre intérêt (comme je l’espère), je peux également vous suggérer les films suivants :

  • Freud (1962), by John Huston
  • The search (1948)
  • The Misfits (1961)
  • La loi du silence(1953), d’ Alfred Hitchcock
  • Lonelyhearts (1958)
  • Tant qu’il y aura des hommes (1953)
  • L’héritière (1949)
  • Le fleuve sauvage (1960), d’ Elia Kazan

Alors, qu’en pensez-vous ? Seriez-vous intéressés par d’autres “légendes & références” ?

What would you think, for instance, about :

  • John Cazale ? This american actor was so great, it was almost unbelievable
  • Innokenti Mikhaïlovitch Smoktounovski : aussi appelé le roi des acteurs, en Union Soviétique… En effet, nous parlons là de la crème de la crème du théâtre et du cinéma de ce monde. Comme chacun sait, il y avait quelque chose de bien pourri en URSS, mais l’honnêteté est de reconnaitre qu’il y avait aussi de véritables merveilles parmi les actrices et acteurs !

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