Ma famille et moi avons eu l’occasion de découvrir un spectacle du “Cirque du Soleil”, avec leur tournée mondiale OVO. Ce n’est tout de même pas tous les jours qu’une compagnie de ce calibre passe par chez nous.

I believe that sharing this experience might be of some interest, because :
- Des impressions positives, tout d’abord, car c’était un spectacle de qualité ;
- Des réflexions à propos du “nouveau cirque” et sur la question artistique en général.
OVO : a pretty fine show
Parlons tout d’abord du spectacle en lui-même, avec une règle de base : voir tout d’abord les qualités !
And for sure, there were a lot of fine aspects in this show :
- Tout d’abord, le côté “big show à l’anglo-saxone” s’applique ici parfaitement (et de fait, le Cirque du Soleil est originaire de Montréal) et c’est plutôt positif. On dénombrait au moins 40 circassiens sur scène, avec probablement une équipe technique importante en arrière plan, force effets sonores et lumineux, une scénographie généreuse et de nombreux costumes bien ficelés. On en prend donc plein les yeux et les oreilles – du bon divertissement ! Dans le même esprit, nous pouvions nous attendre à un grand professionnalisme, tant vis à vis du niveau technique évident des circassiens, impeccables, qu’au niveau de la technique scénique, en particulier de la synchronisation sonore en direct.
- En comparaison d’autres cirques plus classiques et indépendants, on gagne au Cirque du Soleil une véritable cohérence, grâce à cet univers unificateur – ici, le thème assez porteur des insectes – lequel thème lie le spectacle d’un bout à l’autre. La scénographie et les costumes sont ainsi très aboutis, et permettent à la fois d’offrir une grande dynamique scénique et une variété intéressante (on ne s’ennuie pas… trop).
- A titre d’exemple, le premier “numéro” fonctionnait particulièrement bien, car il intégrait parfaitement cet univers d’insectes, ici les fourmis rouges jouant avec leur nourriture, avec une pointe d’humour et de légèreté bienvenue :

As for the rest, I bet that the photos below can express the overall quality - or it should, as they are taken from the promotional material of the company ! (my photos are obviously taken from quite far away…)




The new Circus and its limits
We were experiencing a typical "new Circus" kind of a show.
It is quite obvious that the circus "athlete" performers (like trapezists, contortionists, tightrope walkers, etc.) have always been central, or even headlights, in the world of the circus.
De cette position, initialement équilibrée par les animaux et les clowns, voire par la présence d’un groupe de musiciens, nous sommes arrivés à un « abus de position dominante » avec :
- D’abord la diffusion de musique pré-enregistrée
- Then, the animals progressively left as well ;
- And now, the clowns seem to be employed merely for transitions between scenes…
Ainsi, dans le cirque contemporain, on enchaîne d’un numéro « époustouflant » à l’autre – au suivant, comme dirait Brel… ce qui était le pire service à rendre aux circassiens : par la répétition (ad nauseam) de l’extraordinaire, celui-ci devient finalement banal.
This very show, OVO, falls in the same traps : of course, the performances are great, the bodies are beautiful to look at, but honestly, it gets boring after a while…
Worse of it all : the clowns were very bad !
Etant – comme vous le savez si vous avez lu d’autres billets de ce blog – un passionné de théâtre (et le clown est, à mon avis, l’une des formes les plus élevées de l’art de l’acteur), je ne pouvais qu’en être atterré.
En réalité, on comprend vite que la seule fonction de ces clowns est celle d’assurer (tant bien que mal) la transition et ils n’assurent même pas celle d’une respiration (ce qui se ressent dans le public et en particulier chez les enfants).
Actually, it was like it in most circus show that I've experienced so far - and that's a real shame !
Or, un clown, ce n’est pas juste un nez rouge au milieu de la figure, ou une démarche singulière ; c’est un véritable art et un énorme travail – pour s’en convaincre, il suffit de (re)voir Charlie Chaplin, Grok ou encore Slava Polunin :
To be fair, if the part of the clown is limited to this transitions phases, like what we've seen in OVO, then I also understand that true clowns are keen in doing something else.
Par exemple, en France, il existe une compagnie merveilleuse de clowns, “26 000 couverts” – et ça, c’est bien !
To get back to the circus, let's also admit that in a traditional tent, the audience is closer to the performer. That allows to have a better look at faces and, somewhat, a glimpse into the personalities of those performers.
Au contraire, dans ce spectacle du Cirque du Soleil, formaté pour les grandes salles polyvalentes, on ne distingue en réalité guère plus qu’un corps en mouvement. Du reste, les visages sont masqués. Si l’on gagne certes en cohérence générale du spectacle, on perd en revanche en individualité – or, c’est une partie de l’art vivant.
To be honest, we have the impression that the performers are like interchangeable tokens.
And that's also true for the scenes as well.
For instance, a performer is brought to us, disguised as a black spider. Fine. Then she basically puts down her hairy legs and does her scene, as it could have been done in any other circus show !

The question of Art in the circus
Yul Brynner nous révèle dans l’introduction au livre “l’art de l’acteur” (de Michael Chekhov), qu’il officiait dans ses jeunes années (autour de 1935) en tant que trapéziste, au Cirque d’Hiver, à Paris.
Mais comme il souhaitait intégrer une composante artistique à son travail, il était aussi clown – c’était donc un “clown volant” !
Cette question de l’intégration de l’art au cirque n’est pas nouvelle et elle revient, encore et encore.
Je me souviens ainsi d’un soir, où j’assistais à Paris aux représentations finales de la tournée des apprentis circassiens du Centre National du Cirque (CNAC) de Châlons-En-Champagne.
Là aussi, un numéro époustouflant chassait l’autre, ce qui devenait un peu redondant… et je commençais donc à m’ennuyer malgré tout.
Soudain, un homme parait sur la piste. Il semblait comme auréolé d’une lumière, d’une aura, et pour cause, il rayonnait !
Sa présence magnétique réveillait le public et toute l’attention était ainsi fixée sur lui, alors qu’il pratiquait son numéro d’acrobatie au sol.

Cette homme s’appelait Qudus Onikeku , and originally worked as a dancer. He came to the circus, hoping to bring back something artistic that it had lost.
En dépit de ses efforts, c’était bel et bien peine perdue : le cirque est un système, focalisé sur le divertissement et difficile à réformer seul. Et bien tant pis – en l’occurrence, son retour à la danse n’en a pas moins été formidable…
Let's meditate it, shall we ? What do you think about it ?