Impressions : “Images” (Ingmar Bergman)


Je viens tout juste d’achever la lecture d’ “Images”, un livre d’Ingmar Bergman.

En général, je préfère prendre un peu (voire beaucoup) de temps avant d’écrire un billet, pour permettre une certaine maturation des idées. Cependant, dans ce cas spécifique, il me semble intéressant de partager ces impressions toutes fraiches, d’ores et déjà, quitte à publier un second billet plus complet plus tard.

But why would any fresh impression be of any interest ? In one word : enthusiasm !
Or, il me semble utile, voire nécessaire, de partager cet enthousiasme, car peut-être cela participera-t-il à une réaction en chaine, vous offrant aussi, à vous, votre famille ou vos amis l’envie de découvrir (ou redécouvrir) ce livre et les œuvres auxquelles il est associé.

Context :

Ingmar Bergman was a Swedish film and theater director.

Au long de plus de 40 ans d’activité, il dirigea une cinquantaine de films (dont il signa le scenario la plupart du temps), à la portée artistique exceptionnelle. Il participa au premier chef à donner au cinéma suédois une portée mondiale, et à offrir une reconnaissance internationale à des comédiens de premier plan, dont tout particulièrement l’actrice Liv Ullman, l’acteur Max Von Sydow, Erland Josephson, or cinematographer Sven Nykvist,  pour n’en citer que quelques uns.

Among his best movie works (that I've seen) :

  • Scenes from a marriage (1974)
  • Persona (1966)
  • The seventh Seal (1957)
  • Fanny and Alexander (1982)
  • Shame (1968)
  • A passion (1969)

Captures et extrait du “The seventh seal

Composition à l’étrangeté saisisante, initialement imaginée comme affiche pour le film Persona (1966) – et voici une excellente scène tirée de ce film :

Scenes from a marriage (1974)

Relation ambigüe, dans “Après la répétition” (1984)

Outre ces films, il mit en scène un nombre extraordinaire de pièces de théâtres, ainsi que quelques opéras : 171 en tout, si l’en en croit le site web qui lui est officiellement dédié : https://www.ingmarbergman.se/en/productions

Je vous laisse imaginer ce que cela représente chaque année (en plus des films). Du reste, Bergman lui-même raconte dans son livre (je cite de mémoire) : “nous étions jeunes et travaillions sur un nombre extravagant de spectacles, dans des délais follement courts. Cela était au demeurant formidable pour notre créativité et pour l’atmosphère générale.”
Pour le dire très simplement, nous parlons donc d’un artiste accompli, qui n’était pas moins pétri de contradictions et de luttes intérieures, derrière les apparences du succès.

What the book offers

Auto-biographies are quite classic, notably in the art's sphere (actors memoirs and so on…)
De fait, j’avais déjà lu son livre “Laterna Magica”, qui n’était pas inintéressant, mais dans le cas de second livre “Images”, il s’agit moins de la vie de l’artiste que des perspectives offertes par son œuvre.
Obviously, in the path of an artist, there's a close relation between personal life and art productions, but where this book truly shines is that we read only things that truly matter for understanding the works.

A titre d’exemple, voici un extrait du livre :

La décision de représenter la vie lumineuse et heureuse a été prise au moment où je trouvais la vie vraiment difficile à supporter. Il en avait été de même avec “Souvenirs d’une nuit d’été”, qui a jailli d’une dure incertitude. Je crois que cela vient de ce que les forces créatrices accourrent quand l’âme est menacée. Parfois, ça se passe bien, comme dans “Souvenirs d’une nuit d’été”, “Fanny et Alexandre” et “Persona”. Parfois, ça se termine mal, comme dans “L’Œuf du serpent”.

Plus globalement, le livre s’intéresse à :

  • Pratiquement tous les films réalisés sur 40 ans, ainsi que quelques spectacles. La structure n’est pas linéaire (ce qui serait sans doute un peu chiant), mais élaborée par thèmes, tels que : “les rêves”, “premiers films”, “comédies”, “croire ou ne pas croire”… C’est ainsi que nous percevons le parcours général, du début à la fin, selon une dynamique plus émotionnelle et que nous en apprenons long en termes de perspectives.
  • Nous comprenons comment l’artiste observe son parcours, au travers :
    • Initials objectives and intuitions (thanks to notes in personal diaries) ;
    • Du processus d’écriture, de mise en jachère des idées, de développement d’un projet en préproduction, du tournage, du montage et autres actions de post production (y compris l’éventuel marketing) ;
    • Du jugement de l’auteur : tel ou tel film a-t-il su (ou non) résister à l’épreuve du temps ? Qu’est-ce qui a fonctionné (ou pas) d’un point de vue artistique ?

Notes pour “Scènes de la vie conjugale”

Pour nous autres, ces éléments permettent de comprendre qu’après tout nous ne sommes pas seuls à faire face aux épreuves de développement artistique. Grâce à l’expérience d’un homme de 75 ans environ (au moment de l’écriture de ce livre), et aux observations pratiques de plus de 200 productions, nous comprenons aussi que rien n’est jamais acquis et que chaque projet représente un nouveau début. Naturellement, les expériences antérieures participent à limiter les erreurs et aident à la prise de risques artistiques.

L’attente des femmes (1952)

Bergman et Nykvist, sur le tournage de “Fannie et Alexandre” (1982)

Il se pose aussi la question de l’âge : certaines des recherches personnelles peuvent rester vivaces durant toute une vie, alors que les relations entre une personne et la société qui l’entoure évoluent selon les modes et les projections.

En d’autres termes, nous restons les mêmes, en dépit des évolutions qui surviennent, notamment dans le regard des autres.

Overtures

Il y a beaucoup à apprendre, à partir d’un tel témoignage, non seulement pour les artistes, mais aussi pour quiconque s’intéresse à l’art et en général aux perspectives de la vie.

Of course, it would make sense to experience those movies once again, with those new insights, as well as discovering other ones (about 40 I haven't seen yet).

Voilà ce qui est vraiment formidable, avec le monde dans lequel nous vivons : non seulement il existe une infinité d’œuvres d’art (ce qui a toujours été le cas), mais nous y avons de plus accès de manière relativement aisée ! (à l’exception notable des arts vivants).
Ainsi, je vous donne rendez-vous pour tantôt, une fois ces impressions développées par le temps et nourries de l’expérience de quelques bons films en perspective.

La danse improvisée de la vie et de la mort – “Le septième sceau”


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