La dent : première séquence à visionner


Il y a de bons côtés à travailler sur plusieurs projets en parallèle, mais aussi des limites.

Le bon est que l’on n’est jamais lassé et qu’on ne ressent presque pas l’effet post partum (décompensation) après livraison du « produit fini.

En revanche, tout prend plus aussi de temps et les projets restent en suspens parfois fort longtemps. En vérité, il conviendrait plutôt parler de jachère, puisque le temps fait son propre ouvrage : il filtre, sélectionne et offre ainsi un recul au créateur pour ouvrir les yeux, et mieux percevoir les failles. J’avoue que cela est souvent salvateur !

Pour le reste, il faut aussi reconnaître que toute production est assez « exclusive » par nature.
Imaginez, par exemple, les nécessités liées à l’enregistrement et au post process d’un titre musical : outre la composition et l’arrangement, qui nécessite de la continuité pour avancer franchement, il s’agit aussi de répéter, répéter et répéter encore, jusqu’à avoir le morceau non seulement dans la tête et l’oreille, mais aussi dans les doigts et plus encore !

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En substance, et dans cet exemple particulier, il faut parvenir au point de pouvoir déconnecter le cerveau et les yeux, pour faire confiance au flux de l’instant, sans filet. Bref, tout cela exige en général une focalisation sur le projet en question, et ce pour une période assez conséquente.

Et cependant, tout s’épuise, y compris l’énergie intérieure et l’envie.
C’est pourquoi, parfois, il vaut mieux revenir temporairement à d’autres projets.  C’est un peu ce qui m’arrive avec la production de Babel #1 et c’est ainsi que j’ai réactivé le court métrage « La dent de lait ».

La dent : première séquence

Ce petit film est, comme tout projet, un peu spécifique. Il évoque les premières fois, mais d’une façon plutôt douce et pourtant universelle, avec… la perte de la première dent.

Pour des parents, tout est toujours trop tôt et ils sont généralement pris de court. En l’occurrence, ce n’est certes pas trop grave et il s’agit donc essentiellement d’accompagner son enfant dans ce petit parcours, la douleur physique, cette première perte – ce premier deuil en quelque sorte – et la renaissance qui s’ensuit.

Le parti pris est quant à lui assez aventureux pour un format si court, et s’inspire des documentaires : il s’agit d’une part d’un dialogue entre une petite fille et son père, offert à l’écoute, tandis que l’action visible n’a – en apparence – rien à voir…

J’ai fait ce choix pour deux raisons :

  1. Tout d’abord, d’un point de vue pratique, la jeune actrice a certes de belles capacités de jeu (par exemple, elle est capable de refaire une scène encore et encore, comme si c’était la première fois), mais elle n’est pas encore en mesure de donner un texte simultanément. Ainsi, ce petit stratagème permet de dissocier les deux moyens d’expression : action verbale vs. action physique
  2. Par ailleurs, j’y vois une dimension artistique : le format est certes court, mais c’est un thème riche, sur lequel il y aurait beaucoup à raconter. Or, en conjuguant l’action dialoguée, qui sert d’introduction, avec l’action visuelle (qui n’est autre que la suite, assez lointaine), on enrichit en réalité le propos et on lui confère une épaisseur. La profondeur viendra avec les deux séquences suivantes, qui offriront à la fois une perspective (la suites des évènements) et un « tout ».

Avertissements

Je vous laisse maintenant découvrir cette première version, en gardant à l’esprit, s’il vous plaît, qu’il s’agit en effet d’une première compilation.

Un travail fin sur le son reste encore nécessaire, avec des bruitages et un jeu autour des effets sonores. En effet, il s’agit de placer le dialogue, dans l’imaginaire, comme une conversation à distance : alors que la demoiselle est dans salle de bain, juchée devant le miroir, son père est au salon, sur le canapé et son téléphone.
En d’autres termes, alors que le quotidien relève d’une scène finalement très banale, chacun étant dans son monde et ses problématique, l’événement impromptu les rapproche tout à coup.

Je suis naturellement preneur de vos impressions.
Bon (mini) visionnage !

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